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Rencontre : transformer sa passion en discours d'inclusion

Monde citoyen
journée de la femme
Corps

En cette journée de la femme, le groupe d’école au CJE a eu la chance de découvrir certaines œuvres de Maude Bergeron, la créatrice derrière le projet Les folies passagères. Ce projet qui change le monde, fait du bien et démontre qu’il est possible d’être un agent de changement en conjuguant plaisir et passions.

Par sa façon de briser certains préjugés et de promouvoir l’inclusion, ce projet artistique correspondait parfaitement au thème discuté avec les jeunes lors de cette journée : la diversité et les stéréotypes de genre.

Nous avons eu la chance de poser quelques questions à cette jeune femme inspirante, voici ses propos intelligents et inspirants.

Qu’est-ce qui t’a amené à développer le projet artistique les folies passagères?

L'idée d'un projet nommé Les folies passagères m'est venue il y a de nombreuses années. À l'époque, je ne savais pas encore vers où je souhaitais diriger le concept. Je savais déjà qu'il s'agirait d'un projet artistique lié au dessin et à l'écriture, mais le tout s'est précisé en 2016 lors de la création officielle de ma page Facebook et de mon compte Instagram. Je souhaitais vraiment avoir un espace pour partager d'une manière créative mon militantisme. J'étais déjà très familière avec la gestion de réseaux sociaux avec mon autre projet (Cuisine estudiantine, mon site de recettes), et ça me semblait très naturel d'y aller vers le Web dans un cadre artistique. Je ressentais un besoin poignant de rejoindre des personnes vivant des oppressions systémiques, puis pour briser les tabous et informer. Le tout s'est donc concrétisé durant les premiers mois de la création de mes comptes sur les réseaux sociaux.

Quelles sont les valeurs que tu souhaites transmettre avec ce projet?

Il y a plusieurs valeurs que je souhaite transmettre, mais à la base, tout repose sur des principes de respect, d'inclusion de toutes les personnes et d'ouverture d'esprit. C'est très important pour moi d'assurer une inclusion réelle des personnes marginalisées, qui sont constamment sous-représentées et présentées de manières péjoratives dans la société. Il est primordial de cesser la propagation de jugement et de se concentrer plutôt sur cette inclusion respectueuse, pour que chaque personne soit écoutée, encadrée, célébrée et acceptée comme elle est.

Les discours de haine en ligne sont une réalité très présente de nos jours et plusieurs de nos lecteurs en sont malheureusement victimes. Est-ce que le fait de soulever certains tabous t’a amené à recevoir des messages haineux?

J'ai reçu beaucoup de messages haineux depuis la création de Les folies passagères, et ce fut des épreuves difficiles à vivre dans certains cas. Quelques médias, dont des radios poubelles, ont parlé de moi en me dépeignant comme étant une féministe frustrée extrémiste, ce qui attire évidemment toujours la haine des personnes intolérantes.

Sur une base régulière, je reçois quelques messages haineux et commentaires déplacés par semaine. J'applique une politique de gestion stricte, je supprime et je bannis toutes ces personnes irrespectueuses. C'est rendu quelque chose qui fait partie de mon quotidien et qui m'affecte de moins en moins. Par contre, j'ai vécu un épisode extrême au mois d'octobre dernier, durant lequel j'ai reçu entre 5000 et 7000 messages qui étaient très violents envers ma personne, suite à la publication d'un dessin. Ce qui soulève le plus de violence est toujours ce qui concerne la diversité corporelle (grossophobie), la santé mentale et le racisme. C'est une preuve assez intense du besoin d'un changement dans les mentalités collectives. C'est horrible qu'un appel au respect de toutes les personnes génère de la violence verbale et de l'intimidation, surtout ce que j'ai vécu et je vis sur les réseaux sociaux n'est absolument rien en comparaison aux violences que les groupes marginalisés vivent au quotidien.

Que dirais-tu aux gens qui en subissent ou qui en sont témoin?

Tout d'abord, je crois que les personnes qui sont témoins de messages haineux (oraux ou écrits) et qui sont en position privilégiée, c'est-à-dire non concernées par le propos et en sécurité face à l'agresseur, devraient essayer d'intervenir dans le meilleur de leurs capacités et d'une manière appropriée. La manière d'intervenir varie beaucoup en fonction de la situation et peut passer par le fait de tenter d'expliquer à l'agresseur pourquoi ses propos sont déplacés, d'offrir son soutien à la personne violentée, de contacter des autorités ou des personnes qui peuvent aider ou autre. Lorsqu'une personne en intimide une autre et que personne ne réagit, tout le monde devient involontairement complice de cette violence. Je crois que nous pouvons tous.tes faire une différence dans notre quotidien.

Aux personnes qui subissent de la violence, peu importe sa forme, il est important de savoir que les propos et les actions qu'une personne pose envers vous ne définit en aucun cas qui vous êtes et combien vous valez. Personne n'a le droit de vous manquer de respect, et vous ne méritez pas d'être victimes de messages haineux, peu importe les situations et les circonstances. Vous êtes importantes et vous méritez le respect. Vous avez le droit d'aller chercher de l'aide et d'en parler si des situations se produisent et vous affectent. Des ressources professionnelles existent, et il n'y a aucune honte à avoir dans le fait de s'entourer. Vous en valez la peine.

 

*Tous droits réservés. Crédits image : Les folies passagères

Publié par

Marie-Claude Touzin
Je n’ai pas peur de faire les choses différemment et j'adore découvrir les forces et particularités des jeunes. D’ailleurs, je suis convaincue que chaque personne a des besoins particuliers lorsqu’il est question d’éducation alors j’aime mettre ma créativité en action afin d’y répondre. J’adore la philosophie puis l’implication citoyenne et j’espère réussir à vous transmettre un peu de ma passion!
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