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De l’autre côté du miroir – par Sarah 

Lettre ouverte
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Corps

Myriam Mongrain et Geneviève Girard souhaitaient permettre à nos jeunes et à nos partenaires de prendre la parole, notamment par rapport à la crise actuelle. Elles ont donc créé le projet « Lettre ouverte » qui permet de s’exprimer par rapport à un enjeu de société.

 

J'ai lu un texte ici à propos de cette fameuse crise et du temps qu'elle donnait soudainement à des gens qui, d'ordinaire, n'en avaient pas et ça m'a vraiment ébranlée. Je me suis demandé si c'était ce que tout le monde vivait parce que, pour moi, la crise ne m'a donné ni plus ni moins de temps. En fait, j'ai même la sensation qu'il n'y a rien du tout qui a changé. Pire, la situation fait presque mon bonheur et me donne l'excuse idéale pour m'enfoncer dans mes habitudes asociales. C'est là que je me rends compte que ma vie est vraiment différente de celle des autres.

Là où les autres se plaignent, « je ne peux pas voir mes amis » ou « je ne peux pas m'amuser dehors» moi je suis, au contraire, bien contente de rester dans ma zone de confort. Je me sens presque coupable. Je passe énormément de temps avec moi-même parce que je n'ai pas encore d'emploi et parce que je suis quelqu'un de naturellement renfermé. Donc, là où les gens paniquent, car ils ne savent pas quoi faire de tout ce temps à occuper et bien moi, c'est déjà ma vie depuis quelques années et j'y suis habituée. Je sais déjà comment occuper mon temps et comment gérer la solitude; j’y fais face depuis plus de 2 ans.

Durant le mois de mars, au début de la pandémie, mon beau-frère que je considère comme un workaholic, m'a demandé désespérément d'aller passer du temps avec eux, car il avait besoin de se changer les idées à force de rester aussi longtemps sans rien faire (sans travailler). J'ai trouvé ça drôle parce que moi j'aurais très bien pu rester tout ce temps chez moi, toute seule. Ça ne m'aurait pas dérangé. Je suis allée chez ma sœur et, malgré mon amour inconditionnel pour ma famille, j'avoue que ça m'a un peu épuisée. J'ai dû confier mes animaux (des chats qui passent le plus clair du temps à dormir) à une amie. Et j'ai plongé dans une nouvelle routine. Entourée de ma nièce et de son chum, de mon neveu, de ma soeur et de mon beau-frère. De leurs 3 chiens et 5 oiseaux.

Il y avait tellement d'action contrairement à mon petit nid calme et silencieux que je me suis demandé comment mon beau-frère pouvait s'ennuyer au point de réclamer ma présence. Il y a toujours une différence de perception face à une situation. Tout dépend de la routine des gens et j'ignore si je suis la seule qui n'a vu aucune différence durant la pandémie.

Oui, au début j'ai eu peur comme tout le monde parce qu'on est face à l'inconnu et mourir du Covid-19 c'est synonyme de mourir seul; c'est juste triste. Je me souviens qu'en regardant les nouvelles à la télé ou certains articles sur Facebook, je me suis mise à pleurer très fort pour des victimes isolées de leurs proches jusqu'à la toute fin et j'ai souhaité que ça n'arrive pas à ma famille. J'ai aussi appris qu'une de mes cousines s'était fait salement insulter et juger pour avoir amené ses 5 enfants dans un parc. En tant que communauté on encourage le commerce local et on soutient les anges des départements de la santé et des préposé.e.s et c'est merveilleux. On se sent solidaire. Mais, l’envers du miroir, c’est que certain se battent pour du papier de toilette, crient sur des caissières, lancent des regards sévères aux gens qui reviennent de voyage. On manque juste de tolérance. La peur ne devrait jamais nous enlever notre humanité et notre empathie.

Je suis restée 3 mois chez ma soeur. Sur cette période j'ai contracté le virus et je l'ai vécu comme une simple grippe (Maux de gorge pendant 2 semaines et fièvre juste une journée), car je suis jeune. La peur est passée, parce qu'à force de ne voir que ce sujet à la télé c'est presque devenu une habitude. L'humain s'adapte. J'ai arrêté de pleurer même si ça me touche toujours et je suis devenue un peu plus indifférente.

J'ai été heureuse de retourner chez moi et retrouver le côté paisible de ma vie. J'ai fait l'effort de ne pas prendre cette excuse, de ne pas attendre la fin de la crise avant de me remettre en action. J'ai décidé de faire des démarches pour un retour à l'emploi.

Et c'est là que j'en suis.

Par Sarah, 28 ans

Publié par

Geneviève Girard
J’ai créé ma première entreprise de vente itinérante à l’âge de 5 ans et un journal étudiant en 6e année, je suis une passionnée d’entrepreneuriat et d’implication citoyenne! À preuve, j'ai participé à un conseil d’administration d’une entreprise d’économie sociale en démarrage et je suis collaboratrice pour un blogue sur l’achat local.
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